Livre II : Études de cas
Ce guide présente des études de cas sur l’application des démarches de suivi transparent menées dans quatre pays : Côte d’Ivoire, Éthiopie, Papouasie–Nouvelle–Guinée et Pérou. Les résultats de ces études de cas répondent aux besoins spécifiques identifiés par les pays, allant de travaux techniques à l’amélioration du suivi par la communauté.
Côte d’Ivoire
Deux études de cas ont permis d’amorcer des discussions multipartites avec les parties prenantes des pouvoirs publics, du secteur privé et de la société civile, de comprendre les implications de la réglementation européenne sur la déforestation (RDUE), et ont abouti à la création d’une plateforme de suivi transparent interactive dédiée, sur laquelle les utilisateurs peuvent comparer les cartes des plantations cacaoyères.
Étude de cas (CDI1) : Collaborer pour une transparence renforcée de la cartographie du cacao en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire (CDI), premier producteur mondial de cacao, manquait de sources de données fiables pour évaluer l’étendue des plantations de cacao dans le pays et les changements d’affectation des terres y afférents. Au fil du temps, les parties prenantes privées et publiques avaient créé une multitude de systèmes de suivi et de cartes distincts se concurrençant. Cependant, ces cartes n’étaient pas interopérables ni directement accessibles par les parties prenantes.
Les parties prenantes ont été réunies afin de renforcer leur compréhension des différents systèmes de suivi et de faciliter les échanges sur leurs divers objectifs et applications. Ce travail a été entrepris dans la foulée de l’entrée en vigueur de la réglementation européenne sur les produits zéro déforestation (RDUE, voir UE 2023/1115).
La facilitation des discussions entre les parties prenantes des pouvoirs publics, du secteur privé et de la société civile a aidé à comprendre les implications du RDUE, en mettant en lumière la façon dont les parties prenantes pouvaient en subir les effets, mais également comment elles pouvaient s’y conformer.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
La transparence a augmenté grâce à la tenue d’ateliers, de réunions informelles, de visites de terrain et à l’établissement d’une plateforme de suivi transparent, dérivée de Geo-Wiki, permettant la comparaison spatiale des cartes du cacao.
Quatre cartes du cacao en Côte d’Ivoire disponibles en libre accès ont été compilées au sein de la plateforme de suivi transparent. Par ailleurs, plusieurs entreprises privées actives dans la région développent actuellement leurs propres produits pour des clients. Globalement, trois des quatre cartes montrent des surfaces de plantations de cacaoyers similaires.
La carte de couverture des sols du BNETD de 2020 constitue actuellement le jeu de données le plus complet de la région.
La plateforme de suivi transparent permet aux utilisateurs de comparer les produits de données existants.
Les produits de suivi obtenus offrent une résolution des pixels de 10 m et peuvent être utilisés localement. Toutefois, ils sont conçus pour fournir de meilleurs résultats à l’échelle nationale.
Le projet a permis de rendre ces produits libres et transparents ; ils sont par nature reproductibles et adaptables, dans une certaine mesure.
Toute personne peut librement visualiser et explorer les données de la plateforme de suivi transparent, ainsi que les métadonnées associées.
Plusieurs ateliers et visites de communautés ont facilité la participation des parties prenantes à divers niveaux, notamment des pouvoirs publics, des ONG et des industriels privés.
Quelles dimensions étaient concernées ?
La collaboration entre les différents ministères de Côte d’Ivoire en charge du suivi de la déforestation et impliqués auprès de la communauté REDD+ et de la Commission européenne, a été décisive dans l’aboutissement des efforts dans le pays.
Les ONG ont endossé le rôle de porte-parole des parties prenantes communautaires dans la présente étude de cas.
Le secteur privé a participé à plusieurs ateliers qui ont permis de comprendre leur rôle dans la filière du cacao.
Quels sont les produits disponibles ?
La plateforme de suivi transparent, qui inclut les jeux de données extérieurs suivants :
- Carte du cacao (Vivid Economics) https://www.vivideconomics.com/images/,
- Carte du cacao (JMU, JRC, SU): https://doi.pangaea.de/10.1594/PANGAEA.917473
- Carte du cacao (ETH): https://nk.users.earthengine.app/view/cocoa-map
- Cacao (BNEDT): https://developers.google.com/earth-engine/datasets/catalog/BNETD_land_cover_v1
Étude de cas (CDI2) : Une plateforme de comparaison des cartes du cacao existant en libre accès en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire, l’un des premiers producteurs mondiaux de cacao, manquait de sources de données fiables pour évaluer l’étendue des plantations de cacao dans le pays et les changements d’affectation des terres y afférents. Au fil du temps, les parties prenantes privées et publiques avaient créé une multitude de systèmes de suivi et de cartes distincts se concurrençant. Cependant, ces cartes n’étaient pas interopérables ni directement accessibles par les parties prenantes.
Des cartes ont été mises à disposition dans une plateforme interactive de suivi transparent dédiée, sur laquelle les utilisateurs peuvent faire des comparaisons, et relever les accords et contradictions. Le cas échéant, ces cartes sont fournies avec des métadonnées décrivant leur élaboration et leurs limites.
Les utilisateurs n’ont nul besoin de connaissances techniques pour utiliser la plateforme, car tous les produits ont été harmonisés pour en faciliter la comparaison.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
L’une des premières intentions motivant l’établissement de la plateforme tm.geo-wiki.org était d’apporter de la précision aux discussions. La plateforme permet aux utilisateurs de facilement visualiser les différents produits disponibles côte à côte et d’en évaluer eux-mêmes l’exactitude.
Il y a quelques années, comparer les divers produits sur le cacao était aussi assez compliqué pour n’importe quelle partie prenante. Les jeux de données étaient rares, et les jeux existants étaient soit payants, soit difficiles à trouver.
Quelles dimensions étaient concernées ?
La plateforme de suivi transparent sert de solution technique pour cataloguer les différents jeux de données en libre accès sur le cacao et assure l’accès aux parties prenantes.
Quels sont les produits disponibles ?
La plateforme de suivi transparent, qui inclut les jeux de données extérieurs suivants :
- Carte du cacao (Vivid Economics) https://www.vivideconomics.com/images/,
- Carte du cacao (JMU, JRC, SU): https://doi.pangaea.de/10.1594/PANGAEA.917473
- Carte du cacao (ETH): https://nk.users.earthengine.app/view/cocoa-map
- Cacao (BNEDT): https://developers.google.com/earth-engine/datasets/catalog/BNETD_land_cover_v1
Éthiopie
Les trois études de cas menées en Éthiopie ont donné lieu à
- une carte à l’échelle nationale des moteurs de changement de l’affectation des terres du pays
- des définitions opérationnelles des données sur les garanties de la REDD+, pouvant être utilisées par les parties prenantes et venir compléter les informations générales fournies dans les documents publics
- la mise en lumière d’un lien entre la conversion des terres et la baisse globale des stocks de carbone
Étude de cas (ETH1) : Comment des données libres d’accès peuvent améliorer le suivi des moteurs de la déforestation en Éthiopie
L’Éthiopie a mené des évaluations de la couverture des sols et de l’utilisation des terres sur une petite échelle. Cependant, l’exploitabilité de ces évaluations au niveau national a été amoindrie par une capacité de suivi et des connaissances limitées sur l’utilisation des terres post-déforestation. Les pouvoirs publics attendaient cette information de niveau national avec impatience, et ont donc contribué à l’amélioration du suivi et des rapports sur le changement d’affectation des terres et la REDD+.
Une étude de cas a permis de produire une carte à l’échelle nationale des moteurs de changement de l’affectation des terres du pays. Ces moteurs de déforestation et post-déforestation ont été établis au cours d’un processus collaboratif avec les parties prenantes locales. Les informations issues de l’inventaire forestier éthiopien, ainsi que les éléments de suivi existants, ont été intégrés au processus à l’aide d’un modèle de deep learning entraîné à repérer les moteurs du changement d’utilisation des terres. Un atelier technique a également été organisé afin d’expliquer aux experts nationaux la méthodologie employée pour créer la carte, et d’établir les futurs besoins de renforcement des capacités en Éthiopie.
L’étude de cas a permis l’élaboration d’un outil, composé d’un ensemble de méthodes, de publications scientifiques, de cartes, de données de référence, etc. Cet outil permet d’analyser les moteurs des changements d’affectation des terres en Éthiopie.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
Une plus grande résolution thématique des catégories post-déforestation a été développée en collaboration avec les représentants du pays, fournissant plus de détails que les six catégories par défaut du GIEC. Cette action a permis de nettement distinguer l’utilisation des terres de la couverture des sols. La résolution spatiale choisie de 5 mètres pour les données post-déforestation est suffisante pour une utilisation à l’échelle locale.
Les données fournies servent à la vérification nationale indépendante par la CCNUCC, ainsi qu’à d’autres systèmes de vérification internationaux (p. ex. pour le suivi du RDUE). Elles renforcent la transparence de la traçabilité des cultures de base et aident les instances en charge de la certification des activités de gestion des forêts. De plus, l’outil est flexible, capable de s’adapter à différentes échelles d’espace et de temps.
La force de l’outil réside dans son utilisation des données satellitaires, des méthodes et ressources de calcul libre d’accès, ce qui permet au processus d’être reproduit dans d’autres pays, et même à des échelles différentes (p. ex. Afrique ou néotropiques). L’outil est librement accessible dans les publications scientifiques et référentiels de données publics. Un savoir-faire technique et une bonne puissance de traitement sont nécessaires pour le rendre pleinement reproductible.
Quelles dimensions étaient concernées ?
La collaboration entre les différents ministères de Côte d’Ivoire en charge du suivi de la déforestation et impliqués auprès de la communauté REDD+ et de la Commission européenne, a été décisive dans l’aboutissement des efforts dans le pays.
Les ONG ont endossé le rôle de porte-parole des parties prenantes communautaires dans la présente étude de cas.
Le secteur privé a participé à plusieurs ateliers qui ont permis de comprendre leur rôle dans la filière du cacao.
Quels sont les produits disponibles ?
Consulter le guide pour découvrir les autres produits disponibles et en cours de développement.
Étude de cas (ETH2) : Rôle du suivi participatif dans les activités de restauration en Éthiopie
Les pouvoirs publics éthiopiens concentrent les efforts sur la restauration des terres dégradées et sur l’accroissement de la couverture forestière. Si ce travail est largement mené par les communautés locales, il existe peu d’information sur le rôle endossé par ces communautés dans la collecte et le partage des données relevant de leurs activités de restauration, et sur la façon dont les informations recueillies au travers d’un suivi participatif peuvent contribuer aux efforts de restauration au niveau national.
Les recherches réalisées visaient à comprendre comment améliorer le retour sur les données issues de la participation communautaire sur les activités de restauration. Les travaux ont tenu compte des perceptions et motivations des communautés, ainsi que des coûts et bénéfices potentiels associés au retour d’information vers la communauté.
Les conclusions de cette étude de cas ont permis à l’équipe du projet d’élaborer des recommandations à l’intention des parties prenantes des pouvoirs publics, sur les moyens d’améliorer la participation communautaire dans les activités de suivi de la restauration, ainsi que sur la façon dont le suivi participatif peut venir appuyer le système national de suivi des forêts éthiopien. Par exemple, les communautés locales ont indiqué qu’elles étaient contentes de poursuivre le suivi et qu’elles apprécieraient de recevoir un retour d’informations, une rétribution monétaire en guise de reconnaissance, le renforcement de leurs capacités et une meilleure communication de la part des autorités.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
L’enquête a révélé que les parties prenantes locales disposent d’un accès limité aux données et informations auxquelles elles contribuent pour les rapports.
Cette étude de cas fournit des recommandations pouvant déboucher sur une meilleure participation des communautés aux rapports de données sur les activités locales.
Quelles dimensions étaient concernées ?
L’étude de cas a révélé un manque de retour d’informations des plus hauts échelons de gouvernance vers les communautés locales concernant les données qu’elles fournissent. Les rapports sur l’information et les données provenant des activités de restauration sont le plus souvent remontés du terrain vers les échelons supérieurs de gouvernance, et débouchent rarement sur des décisions profitant aux communautés locales, ou sur des aides pertinentes et supplémentaires de la part des pouvoirs publics.
L’étude de cas a fait ressortir le besoin de reconnaître la légitimité des parties prenantes locales, et d’écouter les communautés locales. Elle recommande de leur faciliter l’accès aux informations à l’aide de technologies simples et hors connexion, ou par des interactions plus régulières avec les échelons de gouvernance supérieurs (p. ex. l’administration du village et les bureaux du district).
Quels sont les produits disponibles ?
Spanish version: https://www.cifor-icraf.org/knowledge/publication/9233/
Il existe une base de données du projet avec les résultats de l’enquête :
Boissière, M. ; Guracha, M.B. ; Bekele, H. ; Atmadja, S., 2024, “Local communities’ participation in forest restoration in Benishangul Gumuz Regional State, Ethiopia”, https://doi.org/10.17528/CIFOR/DATA.00300, Centre de recherche forestière internationale (CIFOR)
Étude de cas (ETH3) : Améliorer la transparence du suivi des garanties REDD+ en Éthiopie
L’Éthiopie est un pays REDD+ actif qui attend des paiements basés sur les résultats au travers de plusieurs canaux. Pour être éligible, le pays doit établir un système d’information sur les garanties (SIS, décision de Varsovie 12/CP.19). Ceci implique de mettre en place un système efficace de suivi forestier et de garanties sur plusieurs niveaux de gouvernance. En 2018, l’Éthiopie a rédigé un document d’orientation pour la REDD+ qui fixe les objectifs et la portée du SIS, et définit des indicateurs de garantie adaptés au contexte éthiopien. Les objectifs comprennent la conception d’un SIS durable, efficace, participatif et transparent.
Cependant, la base des connaissances qui a renseigné les flux d’information sur les garanties entre les divers échelons publics était limitée. Peu d’information existe sur les capacités et les défis auxquels sont confrontées les parties prenantes en charge de la génération, la gestion et l’utilisation des données, ou sur la façon dont ces données sont partagées d’un échelon à l’autre. Cette situation pose un sérieux problème pour établir un système d’information sur les garanties REDD+ en Éthiopie.
Une étude de cas a été réalisée dans le but de recueillir et d’évaluer les perceptions, les connaissances, les capacités des parties prenantes et les défis qu’impliquent la génération, la gestion et l’utilisation des informations sur les garanties en Éthiopie, à divers échelons publics, et comment elles interagissent entre elles. Elle incluait d’établir les définitions opérationnelles des données sur les garanties de la REDD+ pouvant être utilisées par les parties prenantes et venir compléter les informations générales fournies dans les documents publics.
L’étude a repéré des lacunes spécifiques dans la disponibilité des données de garanties, ainsi que concernant les acteurs et les processus impliqués dans le partage des données, auxquelles il fallait remédier de façon prioritaire. Ces résultats contribuent à améliorer les flux de données et l’exhaustivité des informations sur les garanties. Des recommandations ont été présentées aux parties prenantes fédérales et régionales dans deux États régionaux d’Éthiopie, Oromia et Benishangul-Gumuz.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
Des définitions opérationnelles des données sur les garanties de la REDD+ ont été établies, afin d’être utilisées par les parties prenantes et venir compléter les informations générales fournies dans les documents publics.
L’étude de cas a contribué à améliorer les flux de données et l’exhaustivité des informations sur les garanties pour la restauration en Éthiopie.
L’enquête a révélé que les parties prenantes locales disposaient d’un accès limité aux données et informations auxquelles elles contribuaient pour les rapports.
L’étude de cas a impliqué des experts locaux et fait participer des parties prenantes aux niveaux régional, des États et fédéral. Ceci a été rendu possible par des entretiens et la participation à des ateliers, ainsi que grâce à l’engagement de consultants locaux.
Quelles dimensions étaient concernées ?
L’étude de cas a permis d’améliorer les flux de données et l’exhaustivité des informations sur les garanties parmi les parties prenantes fédérales et régionales en Oromia et au Benishangul-Gumuz.
Elle a permis de recenser les parties prenantes en charge de générer, gérer et utiliser les informations sur les garanties, et de faire un état des lieux de leurs interactions.
Quels sont les produits disponibles ?
L’étude de cas a permis la création d’une base de données :
Atmadja, S. ; Zewdie, S.. ; Bekru, M. ; Beyassa, M. ; Haile, S. ; Shiferaw, G. ; Tenkir, E. ; Wakjira, D. ; Yohannes, T., 2025, “Multilevel Measurement Reporting and Verification (MRV) for REDD+ in Ethiopia”, https://doi.org/10.17528/CIFOR/DATA.00301, Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), V1
Pérou
Au Pérou, le projet a mis en œuvre les démarches de suivi transparent dans trois études de cas portant sur
- les émissions et absorptions des plantations de palmiers à huile
- des enquêtes dans la communauté sur les incitations financières visant à protéger la forêt
- la transition vers un programme numérique de suivi et d’alertes de la déforestation par les communautés
Étude de cas (PER1) : Améliorer les estimations d’émissions de GES après l’établissement d’une plantation de palmiers à huile au Pérou
Ces dernières années au Pérou, la surface des plantations de palmiers à huile installées dans des forêts secondaires dégradées a augmenté. Cette situation a été en partie encouragée par les parties prenantes industrielles et des pouvoirs publics qui cherchaient à éviter l’empiétement de palmiers à l’huile dans la forêt primaire. Toutefois, l’impact de cette conversion sur les émissions de GES n’a pu être estimé que sur la base de facteurs d’émission par défaut, le Pérou étant dépourvu de facteurs d’émission spécifiques au pays.
Le projet a encadré des études et des enquêtes de terrain en Amazonie péruvienne dans le but de quantifier avec précision l’évolution du stock de carbone dans les sols et la biomasse, ainsi que les flux de gaz à effet de serre issus de la conversion de forêts déjà dégradées en plantations de palmiers à huile.
L’étude a confirmé que ces conversions entraînent une diminution globale des stocks de carbone et de la respiration du sol. Elle a également montré une réduction de l’absorption de méthane (CH4) et un recul inattendu des émissions de protoxyde d’azote (N2O) dans les sols des plantations de palmiers à huile, par rapport aux sols forestiers. Ces résultats aideront le Pérou à améliorer la qualité de son inventaire des GES. La méthode peut être reproduite par d’autres pays faisant face aux mêmes défis.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
Les résultats permettront de renforcer les connaissances sur les émissions associées à la conversion de forêts secondaires en plantations de palmiers à huile.
Ces données nouvellement générées aideront le Pérou à progresser vers une méthode plus avancée (Tier 2) pour son inventaire de gaz à effet de serre. Les pays sont autorisés à employer les méthodes Tier 1 (facteurs d’émission mondiaux par défaut fournis par le GIEC), Tier 2 (facteurs d’émission spécifiques au pays et données sur les activités), ou Tier 3 (méthodologies détaillées et avancées, comme des modèles), mais ils sont encouragés à évoluer du Tier 1 au Tier 2, puis au Tier 3, au fil du temps.
Le protocole employé dans l’étude pour réaliser l’analyse et établir les facteurs d’émission spécifiques aux pays en développement a été publié et peut être reproduit par d’autres pays.
Quelles dimensions étaient concernées ?
Un outil a été développé et publié dans un environnement open source, avec l’objectif d’améliorer la transparence et le suivi de l’utilisation de terres après une déforestation, sur entre autres les cultures qui mettent les forêts en péril.
Ce nouvel outil vient étayer le suivi et les rapports sur les émissions liées à la déforestation et en lien avec les réglementations internationales visant les forêts (p. ex. le RDUE).
Quels sont les produits disponibles ?
Conversion of degraded forests to oil palm plantations in the Peruvian Amazonia:
Shifts in soil and ecosystem-level greenhouse gas fluxes. https://doi.org/10.1016/j.agee.2025.109603
Référentiel de données : Conversion de forêts dégradées en plantations de palmiers à huile en Amazonie péruvienne : Modification des flux de gaz à effet de serre dans le sol et l’écosystème https://data.cifor.org/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.17528/CIFOR/DATA.00307
Référentiel de données : Variation du stock de carbone dans la végétation et l’écosystème due à la conversion de forêts perturbées en plantations de palmiers à huile en Amazonie péruvienne.https://link.springer.com/article/10.1007/s10021-020-00521-8
Étude de cas (PER2) : Favoriser la réussite et l’inclusion dans le suivi communautaire au Pérou
Le Pérou a mis en œuvre un programme unique comprenant des incitations financières pour les communautés autochtones qui protègent la forêt tropicale amazonienne. Les versements sont conditionnés au maintien de la forêt par les communautés sur leur territoire et à la réalisation d’activités spécifiques, telles que des patrouilles. Certaines communautés ont choisi de ne pas participer au programme, d’autres l’ont quitté avant la fin de la période prévue de cinq ans, ou encore ont été suspendues, à cause, par exemple, de difficultés pour respecter l’obligation de remise de rapports. Les raisons de cette dynamique étaient peu comprises et rendaient difficile la mise en œuvre d’un suivi communautaire durable sur le long terme.
Dans cette étude de cas, le projet a permis d’évaluer les impacts sociaux et les ressentis de la communauté sur ce mécanisme incitatif au travers d’entretiens menés auprès des communautés, des représentants des autorités, des ONG et des fédérations autochtones.
Les résultats ont montré que les membres de la communauté adhéraient globalement au mécanisme et voyaient l’intérêt de patrouiller dans la forêt, mais qu’ils se débattaient avec l’obligation de rendre des rapports et la répartition des bénéfices. Les communautés sont intéressées par le suivi par satellite et souhaiteraient un accès plus large aux données et plus de soutien financier pour les patrouilles. Une série de recommandations a été élaborée, suggérant des stratégies pour répondre aux besoins de soutien administratif et de partage de données, ainsi que des stratégies proactives d’inclusion, de suivi et d’évaluation, comprenant des indicateurs de genre.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
L’étude de cas combine les données de plusieurs échelles spatiales : les données déduites des images satellite utilisées pour repérer des déforestations éventuelles, et ces mêmes données validées par des observations sur le terrain.
Le système d’alerte précoce dans cette étude de cas informe les communautés de changements du couvert forestier sur leur territoire. Il fournit également à des parties prenantes extérieures, y compris internationales, des données pour le suivi de zones ciblées.
L’étude a été menée dans huit communautés des régions de San Martín et Madre de Dios pour évaluer les barrières qui entravent la participation effective dans le suivi communautaire, y compris celles qui touchent au genre et à d’autres problématiques d’inclusion. Le projet a abouti à une liste de bonnes pratiques et de recommandations à l’intention des pouvoirs publics dont l’objectif est de renforcer l’équité dans le suivi.
La responsabilité incombe à l’État, mais la responsabilité et l’obligation de rendre des comptes sont réparties à tous les échelons.
Quelles dimensions étaient concernées ?
Le projet a dirigé des travaux de recherche dans le cadre d’un accord de travail avec le ministère péruvien de l’Environnement (MINAM) et du Programme national de conservation des forêts pour l’atténuation du changement climatique (PNCB). Les entretiens ont été menés avec les représentants du MINAM et des agents régionaux en charge de la mise en œuvre. Des recommandations ont été faites dans le but d’améliorer l’application des politiques.
Le projet a permis la collecte de données dans huit communautés : quatre à Madre de Dios (Infierno, Shipetiari, Diamante et Shintuya) et quatre à San Martín (Chirikyacu, Shimpiyacu, Alto Mayo et Huascayacu). Des entretiens et des consultations ont également été menés auprès d’organisations autochtones, des ONG locales et des bureaux régionaux des pouvoirs publics.
Quels sont les produits disponibles ?
Un Infobrief du CIFOR résume l’étude et les 10 recommandations :
Version en espagnol https://www.cifor-icraf.org/knowledge/publication/9233/
Version en anglais https://www.cifor-icraf.org/publications/pdf_files/infobrief/9136-Infobrief.pdf
Étude de cas (PER3) : Compléter les données par satellite grâce au suivi forestier communautaire au Pérou
Le Pérou a mis en œuvre un programme de suivi communautaire par alertes. Des alertes sur des événements de déforestation déclenchées par satellite sont communiquées aux communautés, qui effectuent ensuite une vérification sur le terrain. Ce système sur support papier entraînait des retards dans la collecte des données et souvent des ambiguïtés dans les données recueillies sur les causes de ces déforestations.
L’étude de cas a facilité la transition vers un nouveau système de suivi sur portables permettant la collecte numérique des données, avec un système de procédures de stockage et d’analyse. Les communautés ont été formées à l’utilisation du système numérique au cours d’ateliers et sur le terrain.
Ce nouveau système a significativement réduit les délais nécessaires à la vérification des alertes provenant du satellite. La transparence a été renforcée par l’utilisation de services de collecte et d’analyse de données open-source, et par l’application des principes FAIR.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
L’étude de cas a recueilli plus de 50 jeux de données produits par les communautés sur la base des alertes par satellite. Ces jeux étaient précis et indiquaient les incertitudes de géolocalisation.
Les données de suivi communautaire peuvent être utilisées dans le cadre de télédétections à différentes échelles (y compris l’échelle locale).
L’étude de cas a permis l’établissement de services en ligne, qui permettent d’accéder, de télécharger et de diffuser les données.
Le projet a facilité la participation des parties prenantes grâce à la tenue d’ateliers et aux visites auprès des communautés. Les scientifiques ont collaboré avec quatre communautés dans la région de Madre de Dios. Ces communautés ont formé des comités de vigilance pour surveiller la forêt.
La mise en œuvre du système interactif de collecte de données numériques a permis au projet de déployer et de mettre en place un système de suivi toujours actif à ce jour.
Quelles dimensions étaient concernées ?
Le projet a été dirigé en collaboration avec le ministère péruvien de l’Environnement (MINAM) et le Programme national de conservation des forêts pour l’atténuation du changement climatique (PNCB).
Le projet a permis de travailler avec quatre communautés de la région de Madre de Dios (Tres Islas, Boca Pariamanu, Puerto Arturo et Infierno).
Quels sont les produits disponibles ?
Cappello, C., Pratihast, A.K., Pérez Ojeda del Arco, A., Reiche, J., De Sy, V., Herold, M., Vivanco Vicencio, R.E. et Castillo Soto, D., 2022. Alert-Driven Community-Based Forest Monitoring: A Case of the Peruvian Amazon. Remote Sensing, 14(17), p.4284. https://www.mdpi.com/2072-4292/14/17/4284
Banques de connaissances sur le suivi communautaire des forêts : https://docs.google.com/spreadsheets/d/112wvAPFZEYnit5yN3mxZtefcKDcq-unI/edit#gid=797400922
Site internet du projet (étude de cas) hébergé par le partenaire de mise en œuvre l’Université de Wageningen : https://www.earthinformatics.eu/cases/community-based-forest-monitoring-using-mobile-technologies
Papouasie–Nouvelle–Guinée
Une étude de cas en Papouasie–Nouvelle–Guinée (PNG) a évalué les impacts de diverses structures institutionnelles et les activités de différents projets sur la participation des peuples autochtones et communautés locales (PACL).
Étude de cas (PNG1) : Amélioration de la participation des PACL par les dispositifs institutionnels
En Papouasie–Nouvelle–Guinée (PNG), les peuples autochtones et les communautés locales (PACL) possèdent 97 % des terres et ont une action décisive dans la conservation de la biodiversité grâce à leurs pratiques de gestion des terres coutumières. Toutefois, leur engagement reste limité, quels que soient les efforts de conservation de la nature, d’atténuation et d’adaptation face au climat, en raison d’une consultation insuffisante, de conflits fonciers non résolus, de capacités limitées et d’une protection juridique faible.
Dans cette étude de cas, nous avons évalué les impacts de divers dispositifs institutionnels et les activités des projets de grande envergure, liés à la participation des PACL.
L’étude de cas a livré une évaluation de l’efficacité des diverses initiatives entreprises par les pouvoirs publics de PNG. Elle met en lumière des enseignements précieux sur les efforts du pays pour mettre en œuvre les politiques de lutte contre le changement climatique, en particulier dans le cadre de la REDD+. L’un des enseignements majeurs réside dans l’importance de cadres institutionnels solides et d’une gouvernance transparente, capables d’inspirer confiance aux parties prenantes. Bien que la PNG ait été l’une des figures de proue dans les négociations internationales et ait entrepris nombre d’actions spécifiques à l’échelon national, les dispositifs institutionnels demeurent insuffisants et trop soumis à l’influence politique.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
L’étude de cas a évalué les activités visant l’augmentation de l’exactitude des données et la réduction des incertitudes (p. ex. l’établissement de l’INF et du géoportail de la PNG).
Le projet a permis d’examiner les politiques des données et leur diffusion à toutes les institutions principales concernées par les processus sur le changement climatique.
L’étude de cas a permis d’évaluer la démarche participative adoptée lors de la préparation et de la mise en œuvre des différents projets et programmes.
La responsabilité incombe à l’État, mais l’étude de cas a démontré comment la responsabilité et l’obligation de rendre des comptes sont réparties dans tous les échelons.
Quelles dimensions étaient concernées ?
L’efficacité des politiques et des mesures nationales adoptées depuis les négociations de la REDD+ a été évaluée en tenant compte des dispositifs institutionnels spécifiques.
La participation des tribus indigènes et des communautés locales a été examinée à chaque action en lien avec le changement climatique.
Quels sont les produits disponibles ?
L’étude de cas a débouché sur :
- Un rapport sur l’étude de cas, comprenant une évaluation des actions officielles entreprises par les pouvoirs publics de la PNG.
- Un rapport sur la disponibilité des données géospatiales de la PNG, avec une évaluation des politiques sur les données.
- Une évaluation des bases de référence climatiques du pays, comprenant une évaluation des impacts sur les systèmes exposés et une évaluation de la vulnérabilité des communautés autochtones.
Monde entier
Le projet a évalué quatre cartes de biomasse aérienne au niveau mondial, et les a comparées aux estimations issues de différentes sources de données nationales. Les travaux des scientifiques ont permis la création d’un cadre d’évaluation des incertitudes des cartes de biomasse aérienne, et l’étude de cas a donné lieu à plusieurs publications et un outil open-source.
Étude de cas (GEN1) : Cartographie de la biomasse mondiale : incertitudes et utilisation pour les rapports nationaux
La biomasse aérienne est liée aux émissions et séquestrations de CO2 et aux rejets dans l’atmosphère. Si les informations sur la répartition de la biomasse et son évolution sont cruciales pour la planification du secteur de l’utilisation des terres, elles demeurent fortement limitées. Les données des inventaires forestiers nationaux (IFN) sont souvent manquantes. Les cartes de biomasse tirées de données aériennes et spatiales peuvent remédier à ce problème.
Ces cartes diffèrent en fonction des méthodes ou des sources de données utilisées, entraînant des écarts significatifs, ce qui complique d’autant la réalisation d’estimations des stocks de carbone. Par ailleurs, elles ne fournissent pas toutes une estimation des incertitudes et leur précision varie en fonction du type de forêt et de biomasse.
L’exactitude et les incertitudes de quatre cartes de biomasse aérienne ont été évaluées, notamment en les comparant aux estimations de biomasse aérienne des pays tropicaux tirées des données nationales. L’étude de cas a également examiné les difficultés et opportunités d’utiliser les cartes de biomasse aérienne mondiales pour les estimations de biomasse nationale.
Une vue d’ensemble détaillée des cartes de biomasse aérienne a été réalisée, démontrant leur potentiel dans les estimations et les rapports sur les stocks de carbone. Les limites de ces cartes ont été définies, ainsi que des stratégies pour les surmonter, afin que ces cartes puissent servir aux estimations nationales de carbone. De plus, un cadre d’évaluation des incertitudes des cartes de biomasse aérienne a été établi, apportant une représentation précise de ces incertitudes lors de leur utilisation dans la détermination nationale du carbone.
Quels sont les critères des démarches de suivi transparent qui ont été suivis ?
L’étude de cas renforce la transparence et la clarté grâce à l’analyse des différences entre cartes et en les expliquant aux utilisateurs. La comparaison des estimations de biomasse issues de ces cartes avec celles déduites des inventaires forestiers met en lumière les avantages et les limites de l’utilisation de cartes de biomasse aérienne.
L’exactitude et les incertitudes de quatre cartes de biomasse aérienne ont été examinées. Un cadre complet a été posé et un outil open-source en ligne a été développé pour estimer les biais et les incertitudes des cartes de biomasse aérienne.
L’étude de cas s’est penchée sur les manques de données de biomasse et les stratégies d’intégration de méthodologies permettant d’améliorer les rapports nationaux, les estimations et les rapports sur les GES.
L’étude de cas comprend une analyse comparative de cartes de biomasse aérienne et de parcelles visant à évaluer l’exactitude et les incertitudes des cartes de biomasse aérienne mondiales. Elle montre comment exploiter les différents jeux de données et méthodologies en les combinant pour estimer les émissions et absorptions de GES.
L’étude fournit des informations sur la façon dont les pays peuvent estimer les émissions et absorptions de GES à partir des changements de la biomasse aérienne tirés de cartes mondiales combinées à des données de terrain. Ceci permet d’obtenir des estimations cohérentes sur de larges pans du pays non couverts par des données IFN détaillées.
Quelles dimensions étaient concernées ?
Ces travaux ont recours à une démarche technique pour améliorer les données nationales de la biomasse aérienne, améliorer les estimations de carbone et faciliter la mise en conformité des rapports sur les émissions de GES avec les normes du GIEC.
Quels sont les produits disponibles ?
L’étude de cas a donné lieu à plusieurs publications et outils open-source :
Un article sur les caractéristiques des données d’IFN dans le contexte de leur intégration aux cartes de biomasse mondiales pour les estimations nationales de biomasse.
- Nesha K et al. 2021. An assessment of data sources, data quality and changes in national forest monitoring capacities in the Global Forest Resources Assessment 2005–2020. Environ. Res. Lett. 16 (054029). DOI : 10.1088/1748-9326/abd81b
Un article sur l’évaluation de l’exactitude et des incertitudes de quatre cartes de biomasse mondiales, aboutissant à un cadre complet et à un outil open-source en ligne permettant d’estimer les biais et les incertitudes des cartes de biomasse aérienne.
- Araza A et al. 2022. A comprehensive framework for assessing the accuracy and uncertainty of global above-ground biomass maps. Remote Sensing of Environment. 272(112917). DOI : 10.1016/j.rse.2022.112917
Un article sur l’affinement des valeurs Tier 1 de biomasse forestière aérienne à partir des lignes directrices du GIEC de 2006 pour les inventaires des GES.
- Rozendaal D et al. 2022. Aboveground forest biomass varies across continents, ecological zones and successional stages: refined IPCC default values for tropical and subtropical forests. Environ. Res. Lett. 17(014047) DOI:10.1088/1748-9326/ac45b 3
Un outil open-source permettant de comparer les estimations des parcelles et de la biomasse aérienne des cartes : https://github.com/arnanaraza/PlotToMap

