L’interdiction des exportations de grumes dès le 1 er janvier 2025 et l’exportation exclusive sous forme de deuxième transformation constituent la stratégie adoptée par les ministres du Comité de Pilotage du Comité Régional d’Industrialisation Durable de la Filière Bois dans le Bassin du Congo, pour renforcer la transformation locale, augmenter la valeur ajoutée et favoriser le développement industriel. Certains pays comme le Gabon ont déjà arrêté l’exportation de grumes, ce qui a permis une croissance de la transformation en placage et contreplaqué, mais la mise en œuvre de ces politiques se heurte encore à des résistances et à des défis liés à l’investissement, à la capacité industrielle et aux débouchés.
Les scénarios extrêmes d’exportation comparés aux flux actuels indiquent qu’en exportant uniquement sous forme de grumes, les recettes auraient été en moyenne 1,4 fois plus élevées, accompagnée d’une perte de sous-produits valorisés localement, alors qu’une exportation exclusive sous forme de sciages entraînerait une perte de 20 à 42 %, et que la valorisation exclusive sous forme de placage ou contreplaqué pourrait générer deux à trois fois plus de revenus. Cela montre qu’une transformation plus poussée est porteuse d’une plus grande valeur économique . Cependant, la capacité industrielle installée localement demeure insuffisante pour absorber la totalité des ressources en grumes, notamment en matière d’unités de deuxième et de troisième transformation.
Par ailleurs, l’analyse des marchés révèle une demande croissante en les grumes et sciages de la part des principaux importateurs notamment la Chine, et une croissance prévisionnelle du placage et contreplaqu é très faible de 4 à 7 % à l’horizon 2030. Compte tenu du poids des grumes et sciages qui représentent plus de 90 % des exportations, une interdiction totale de l’exportation des grumes assortie d’une obligation d’exporter uniquement des produits de deuxième et troisième transformation n’est ni réaliste ni faisable. En revanche, la croissance des importations de meubles, qui ont plus que décuplé au cours des deux dernières décennies montre aussi une forte demande intérieure pour des produits finis, soulignant l’intérêt pour une transformation locale plus poussée. Cette croissance a été plus prononcée en RDC et au Cameroun où les importations ont été multipliées par 11 à 33 entre 2000 et 2022. La région doit adopter une approche progressive, combinant restrictions graduelles et investissements dans la transformation, pour assurer une transition durable et répondre à la demande croissante de produits finis.
Cette approche progressive semble plus réaliste pour assurer une transition durable. La région doit également accorder la priorité à son marché intérieur et interafricain concernant les meubles et les produits dérivés du bois pour réduire la dépendance à l’exportation de bois brut et au marché extérieur des meuble.
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RIS (.ris)
TI - Faisabilité de l’arrêt des exportations de grumes en Afrique Centrale
AU - Ngouhouo-Poufoun, J.
AU - Eba'a Atyi, R.
AU - Sufo Kankeu, R.
AB - Le secteur forestier en Afrique centrale possède un potentiel important pour contribuer significativement aux économies nationales. Cependant, sa contribution démeure faible, avec une valeur ajoutée représentant environ 4 à 6 % du PIB dans certains pays comme le Cameroun, le Gabon et le Congo. L’exportation de grumes et de sciages est importante. Concernant les sciages, le Gabon exporte environ 71 % de sa production malgré la mesure d’interdiction en vigueur depuis 15 ans et les autres pays considérés en exportent près de 98 % de leur production. La transformation locale encore peu développée et la prédominance des exportations de bois sous forme de grumes et sciages limitent la création de valeur, d’emplois et la contribution à la balance commerciale, qui reste faible, oscillant autour de 5 % des exportations totales.
L’interdiction des exportations de grumes dès le 1 er janvier 2025 et l’exportation exclusive sous forme de deuxième transformation constituent la stratégie adoptée par les ministres du Comité de Pilotage du Comité Régional d’Industrialisation Durable de la Filière Bois dans le Bassin du Congo, pour renforcer la transformation locale, augmenter la valeur ajoutée et favoriser le développement industriel. Certains pays comme le Gabon ont déjà arrêté l’exportation de grumes, ce qui a permis une croissance de la transformation en placage et contreplaqué, mais la mise en œuvre de ces politiques se heurte encore à des résistances et à des défis liés à l’investissement, à la capacité industrielle et aux débouchés.
Les scénarios extrêmes d’exportation comparés aux flux actuels indiquent qu’en exportant uniquement sous forme de grumes, les recettes auraient été en moyenne 1,4 fois plus élevées, accompagnée d’une perte de sous-produits valorisés localement, alors qu’une exportation exclusive sous forme de sciages entraînerait une perte de 20 à 42 %, et que la valorisation exclusive sous forme de placage ou contreplaqué pourrait générer deux à trois fois plus de revenus. Cela montre qu’une transformation plus poussée est porteuse d’une plus grande valeur économique . Cependant, la capacité industrielle installée localement demeure insuffisante pour absorber la totalité des ressources en grumes, notamment en matière d’unités de deuxième et de troisième transformation.
Par ailleurs, l’analyse des marchés révèle une demande croissante en les grumes et sciages de la part des principaux importateurs notamment la Chine, et une croissance prévisionnelle du placage et contreplaqu é très faible de 4 à 7 % à l’horizon 2030. Compte tenu du poids des grumes et sciages qui représentent plus de 90 % des exportations, une interdiction totale de l’exportation des grumes assortie d’une obligation d’exporter uniquement des produits de deuxième et troisième transformation n’est ni réaliste ni faisable. En revanche, la croissance des importations de meubles, qui ont plus que décuplé au cours des deux dernières décennies montre aussi une forte demande intérieure pour des produits finis, soulignant l’intérêt pour une transformation locale plus poussée. Cette croissance a été plus prononcée en RDC et au Cameroun où les importations ont été multipliées par 11 à 33 entre 2000 et 2022. La région doit adopter une approche progressive, combinant restrictions graduelles et investissements dans la transformation, pour assurer une transition durable et répondre à la demande croissante de produits finis.
Cette approche progressive semble plus réaliste pour assurer une transition durable. La région doit également accorder la priorité à son marché intérieur et interafricain concernant les meubles et les produits dérivés du bois pour réduire la dépendance à l’exportation de bois brut et au marché extérieur des meuble.
PY - 2025
PB - CIFOR-ICRAF
PP - Bogor, Indonesia and Nairobi, Kenya
UR - https://www.cifor-icraf.org/knowledge/publication/46096/
KW - demand, economic development, economic value, forest products, forest products industry, forestry policies, furniture, market, sawnwood, timber, trade, wood, wood processing
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%X Le secteur forestier en Afrique centrale possède un potentiel important pour contribuer significativement aux économies nationales. Cependant, sa contribution démeure faible, avec une valeur ajoutée représentant environ 4 à 6 % du PIB dans certains pays comme le Cameroun, le Gabon et le Congo. L’exportation de grumes et de sciages est importante. Concernant les sciages, le Gabon exporte environ 71 % de sa production malgré la mesure d’interdiction en vigueur depuis 15 ans et les autres pays considérés en exportent près de 98 % de leur production. La transformation locale encore peu développée et la prédominance des exportations de bois sous forme de grumes et sciages limitent la création de valeur, d’emplois et la contribution à la balance commerciale, qui reste faible, oscillant autour de 5 % des exportations totales.
L’interdiction des exportations de grumes dès le 1 er janvier 2025 et l’exportation exclusive sous forme de deuxième transformation constituent la stratégie adoptée par les ministres du Comité de Pilotage du Comité Régional d’Industrialisation Durable de la Filière Bois dans le Bassin du Congo, pour renforcer la transformation locale, augmenter la valeur ajoutée et favoriser le développement industriel. Certains pays comme le Gabon ont déjà arrêté l’exportation de grumes, ce qui a permis une croissance de la transformation en placage et contreplaqué, mais la mise en œuvre de ces politiques se heurte encore à des résistances et à des défis liés à l’investissement, à la capacité industrielle et aux débouchés.
Les scénarios extrêmes d’exportation comparés aux flux actuels indiquent qu’en exportant uniquement sous forme de grumes, les recettes auraient été en moyenne 1,4 fois plus élevées, accompagnée d’une perte de sous-produits valorisés localement, alors qu’une exportation exclusive sous forme de sciages entraînerait une perte de 20 à 42 %, et que la valorisation exclusive sous forme de placage ou contreplaqué pourrait générer deux à trois fois plus de revenus. Cela montre qu’une transformation plus poussée est porteuse d’une plus grande valeur économique . Cependant, la capacité industrielle installée localement demeure insuffisante pour absorber la totalité des ressources en grumes, notamment en matière d’unités de deuxième et de troisième transformation.
Par ailleurs, l’analyse des marchés révèle une demande croissante en les grumes et sciages de la part des principaux importateurs notamment la Chine, et une croissance prévisionnelle du placage et contreplaqu é très faible de 4 à 7 % à l’horizon 2030. Compte tenu du poids des grumes et sciages qui représentent plus de 90 % des exportations, une interdiction totale de l’exportation des grumes assortie d’une obligation d’exporter uniquement des produits de deuxième et troisième transformation n’est ni réaliste ni faisable. En revanche, la croissance des importations de meubles, qui ont plus que décuplé au cours des deux dernières décennies montre aussi une forte demande intérieure pour des produits finis, soulignant l’intérêt pour une transformation locale plus poussée. Cette croissance a été plus prononcée en RDC et au Cameroun où les importations ont été multipliées par 11 à 33 entre 2000 et 2022. La région doit adopter une approche progressive, combinant restrictions graduelles et investissements dans la transformation, pour assurer une transition durable et répondre à la demande croissante de produits finis.
Cette approche progressive semble plus réaliste pour assurer une transition durable. La région doit également accorder la priorité à son marché intérieur et interafricain concernant les meubles et les produits dérivés du bois pour réduire la dépendance à l’exportation de bois brut et au marché extérieur des meuble.
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Publisher
CIFOR-ICRAF: Bogor, Indonesia and Nairobi, Kenya
Année de publication
2025
Auteurs
Ngouhouo-Poufoun, J.; Eba'a Atyi, R.; Sufo Kankeu, R.
Langue
French
Mots clés
demand, economic development, economic value, forest products, forest products industry, forestry policies, furniture, market, sawnwood, timber, trade, wood, wood processing
Géographique
Cameroon, Gabon, Democratic Republic of the Congo, Central African Republic, Republic of the Congo, Equatorial Guinea








